[APFA] Mise en place de la promo 16.18

Publié le 31/03/2021

La promo 16.18 est un programme dédié aux jeunes décrocheurs âgés de 16 à 18 ans concernés par la mise en œuvre de l’obligation de formation à la rentrée 2020.

Près de 80 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans aucune qualification et la France compte 60 000 jeunes mineurs ni en emploi, ni en formation ni en études. La Promo 16.18 est un programme d’accompagnement de 15 semaines qui bénéficiera à 35 000 jeunes décrocheurs pour la période 2020-2021 puis 45 000 jeunes par an pour les années suivantes.

L’objectif de l’AFPA est d’atteindre 70 % de sorties positives et dynamiques à travers un engagement du jeune à l’issue du programme dans une des solutions existantes pour concrétiser son projet d’insertion professionnelle et sociale : accéder à l’emploi via l’apprentissage ou des missions de longue durée, accès à la formation, E2C, EPIDE, service civique ou le cas échéant retour dans un cursus scolaire. Ce programme couvre l’ensemble du territoire en s’appuyant sur un réseau de 100 centres « Village AFPA ». Plusieurs centres seront intégralement dédiés au public 16/18 ans sous la forme de « Village des initiatives pour la jeunesse » avec un objectif d’accueil mais aussi de capitalisation et d’innovation des méthodes pédagogiques.

A travers un parcours sécurisé, progressif et personnalisé ce programme vise à réconcilier les jeunes avec le champ des possibles de leur propre avenir, leur laisser l’opportunité de révéler leurs rêves, leurs talents dans un cadre de confiance ouvert à toutes les possibilités d’orientation. Les guider vers l’autonomie en les sortant d’univers parfois incapacitants et en développant leur « empowerment » (acceptation de soi, confiance, estime, ambition, capacité à agir sur son parcours). Découvrir les métiers et les opportunités dans leur région et/ou dans d’autres régions. Valider leurs acquis par une validation des compétences et expériences délivrée en Open Badges (compétences socles, compétences transversales et compétences numériques).

Le parcours commence à partir du moment où un jeune qui est inscrit dans un accompagnement Mission locale est orienté vers la Promo 16.18. La première étape est celle de l’engagement pendant une semaine dans un village de proximité AFPA. Un référent principal de parcours est alors identifié pour chaque participant. Le jeune dispose ensuite de deux semaines de réflexion avant l’entrée dans le dispositif. La deuxième étape est l’initiation pendant deux semaines dans un village initiative jeunesse avec un éloignement sur la base du volontariat ou dans un village AFPA de proximité. La troisième étape est la construction du projet professionnel pendant huit semaines. La quatrième étape est la préparation pendant deux semaines avec une sortie positive et dynamique et si besoin un accompagnement prolongé de 6 mois. « Le principal problème que nous rencontrons est le recrutement confie Nolwenn Béliard Santa-Cruz Secrétaire Nationale du Synafpa. Les Missions locales sont pour le moment les prescripteurs uniques, c’est un souci, je m’en doutais. Entre les propositions et les demandes sur un territoire il y a un delta non négligeable. Les Missions locales ont des dispositifs à remplir, elles ont donc tendance à les privilégier aux dépends de la Promo 16.18. Sur ma région nous commençons à recruter de façon plus large, à assurer nous même la promotion du dispositif en invitant les jeunes à s’inscrire à la Mission locale pour qu’ils obtiennent la prescription. Un partenariat avec d’autres organismes semble envisageable. La concurrence entre l’AFPA et les Missions locales est plus vive dans les grandes métropoles où le recours à la Mission locale est plus présent. Pour l’instant nous n’atteignons pas les objectifs fixés. Le dispositif a évolué depuis sa mise en place. Les deux semaines en dépaysement total ne sont plus obligatoires, le délai de réflexion peut aussi être écourté. Nous nous adressons à un public très volatile. J’ai tendance à faire le parallèle avec le dispositif prépa compétence mis en place pour les demandeurs d’emploi de longue durée dont le lancement a été long mais qui aujourd’hui fonctionne bien. Il va nous falloir plus de temps que prévu pour être pleinement opérationnels. »