[Insertion] « Arreter de maltraiter les jeunes »

Publié le 31/03/2021

L’accompagnement des jeunes se renforce progressivement. Il reste à inscrire dans le droit commun une aide financière pour tous.

« Le gouvernement a prévu un financement pour l’accompagnement des jeunes indique Isabelle Klem secrétaire générale du Synami. Ces mesures financières, ne sont pas encore arrivées dans les structures. Elles n’ont pas le budget nécessaire pour effectuer les recrutements nécessaires. Le gouvernement a abandonné les indicateurs de performances, répondant à nos revendications. Il est allé dans notre sens en considérant que l’année 2020 a été une année compliquée. Les aides financières à destination des jeunes ont été améliorées et simplifiées, notamment en ce qui concerne les démarches administratives. Il manquait souvent un document dans les dossiers, c’était quelque fois compliqué.

Auparavant pour les jeunes qui entraient dans le dispositif Garantie jeunes il fallait prendre en compte les revenus des parents mêmes si certains étaient en rupture de liens. Désormais il suffit d’une attestation de précarité établie par le conseiller Mission locale pour débloquer l’accès à la Garantie jeunes. La rémunération des stagiaires de la formation professionnelle a aussi été améliorée. Mais, il reste encore des usines à gaz. Par exemple les jeunes suivis par Pôle Emploi via l’AIJ et qui peuvent bénéficier d’une aide financière sont orientés vers les Mission Locales pour qu’un conseiller ML effectue un diagnostic social avant d’être ensuite payés par le Pôle Emploi. C’est un peu compliqué pour le jeune et le rôle d’un conseiller Mission locale ne se limite pas à celui d’une assistante sociale. Cette crise sanitaire a révélé la précarité et même la pauvreté dans lesquelles se trouvent de nombreux jeunes. Le gouvernement en a pris acte mais certains d’entre eux ne bénéficient pas d’aides. Globalement tout cela va dans le bon sens.

Il reste encore un petit pas à franchir : inscrire tout ça dans le droit commun que ce soit un revenu universel, un RSA jeunes. C’est ce que l’on veut, évidemment conditionné à l’élaboration d’un projet professionnel. Il faut arrêter de tourner autour du pot. Nous souhaitons être en mesure de proposer aux jeunes un accompagnement global sur tous les axes : logement, santé, formation, loisirs, sports, culture… Cela ne sert à rien de renvoyer les jeunes d’un interlocuteur à un autre, c’est la meilleure façon de les perdre. Il faut mettre en place un droit pour tous les jeunes pour dans un premier temps les sortir de la précarité avant de voir au cas par cas ce dont ils ont besoin. Il faut arrêter de maltraiter les jeunes et voir ce que l’on peut mettre en place pour leur simplifier la vie quotidienne, leur faciliter l’entrée dans la vie active et les rendre autonomes.»