[RCIP] KLESIA : VERS UN ACCORD SUR LE TELETRAVAIL

Publié le 28/07/2020

La crise sanitaire aura eu un bilan positif au sein du groupe de protection sociale Klésia puisque la CFDT a pu demander la réouverture des négociations sur le travail à distance.

Le sujet n’est pas nouveau de l’aveu même de Christelle Martin, Déléguée Syndicale Centrale au sein de Klésia. « En 2017 la direction nous avait proposé un accord portant sur le télétravail mais il n’avait pas abouti car il était incomplet, trop strict et ne convenait pas à la majorité des syndicats représentatifs. D’ailleurs il me semble que seule la CGC l’avait signé. » Ce qui n’a pas pour autant empêcher la direction de mettre en place des phases de tests concernant environ 125 personnes la première année pour un jour de télétravail par semaine puis un peu plus de salariés l’année suivante soit 350 personnes fin 2019. Une expérimentation « unilatérale » rendue difficile car l’accord était « trop restrictif même en termes d’éligibilité » insiste Christelle Martin.

Avec la crise sanitaire et le confinement de la population, l’entreprise a été dans l’obligation de proposer dans l’urgence le télétravail à l’ensemble de ses salariés dès le 16 mars. « Nous sommes passés de 350 à 2000 connexions avec quelques couacs comme pour tout le monde.  Des ordinateurs ont été livrés aux salariés qui n’en avaient pas à leur domicile (environ 240 PC depuis le 16 mars et d’autres demandes sont en cours, le reste des collaborateurs travaillent sur du matériel personnel ou sont en garde d’enfants). Il faut noter que Klesia maintien intégralement le salaire net de la totalité de son personnel. Dans l’ensemble il faut souligner la rapidité et l’efficacité de la mise en place du télétravail pour tous effectué par Klésia. »

Le déconfinement se fera très progressivement. Deux sites ont été autorisés à accueillir à nouveau du personnel : Rennes et Cognac où les salariés ne sont pas dans l’obligation d’utiliser les transports en communs comme cela peut être le cas dans les grandes villes et notamment la région parisienne. La mise en place des mesures sanitaires a été respectée et seul le personnel volontaire se rend sur site. Les prochaines villes concernées devraient être Montpellier et Toulouse. En attendant les négociations sur un accord portant sur le télétravail satisfaisant la majorité des salariés vont s’ouvrir à l’initiative de la CFDT. Il faut dire que le syndicat est fort d’une enquête réalisée en 2019 auprès de ses adhérents et porte donc des propositions à mêmes de convenir à tous.

 

Les propositions de la CFDT

En 2019 la CFDT PSTE a mené une grande enquête sur le travail à distance auprès de ses adhérents. De cette consultation elle a défini plusieurs propositions :  Tenir compte de l’ancienneté dans le poste plutôt que de l’ancienneté en CDI (et ainsi prendre en compte l’ancienneté en CDD). Rendre plus lisibles et transparentes les conditions d’accès au travail à distance grâce à des demandes formalisées, des retours écrits et motivés, des possibilités de recours clairement identifiées pour chacune et chacun. La CFDT demande plus d’équité dans l’accès au travail à distance. Ouvrir le travail à distance aux salariés travaillant à temps partiel à 80 %. Ouvrir le travail à distance à tous les métiers en privilégiant une approche par activités télétravaillables : pour la CFDT, les salariés des plateformes téléphoniques, notamment, doivent pouvoir télétravailler. Ouvrir le travail à distance aux CDD et aux contrats d’apprentissage. Développer les espaces de coworking. Développer le télétravail sur 2 ou 3 jours par semaine plutôt que de le limiter à 1 jour. Permettre aux salariés de moduler leurs jours de télétravail dans la semaine. Passer d’une logique de jours fixes de télétravail à une logique de jours fixes de présence dans l’entreprise pour favoriser la flexibilité. Mettre en place une contribution forfaitaire des employeurs pour l’achat de mobilier spécifique pour les télétravailleurs. Offrir aux salariés la possibilité d’avoir les conseils d’un ergonome pour l’aménagement de leurs postes de travail en travail à distance. Limiter les open-space à 4 ou 5 personnes et mettre en place des aménagements pour limiter les nuisances sonores. Négocier le droit à la déconnexion des cadres avec des dispositions spécifiques pour le forfait jour. Formation et accompagnement des managers dans la mise en œuvre du travail à distance avec le soutien des services RH. Développer les réunions en visioconférence pour permettre un meilleur accès des cadres au travail à distance.